Revendic’Actions

Manifeste

Le Centre LGBTQIA+ de Marseille s’engage, promeut et lutte pour les libertés, l’égalité des droits pour toutes les personnes LGBTQIA+, ainsi que pour leur visibilité dans l’espace public. Le Centre adopte une position féministe et intersectionnelle dans ses revendications et moyens d’actions.

Nous combattons toute forme de discrimination, d’oppression et de violence, qu’elles soient ponctuelles ou systémiques. Le Centre soutient toutes les personnes, collectifs et associations militantes qui défendent une perspective globale du respect du vivant. Nous affirmons notre soutien aux mouvements anticapitalistes, anticoloniaux et écologistes qui luttent contre l’exploitation des êtres humains, des animaux et de la nature dans le contexte d’urgence climatique actuel.

Nous défendons la PMA et la GPA pour toustes, sans discrimination de genre, et la pleine protection juridique de toutes les familles LGBTQIA+ au même titre et à égalité que les familles hétérosexuelles.

Nous défendons le libre changement d’état civil, simple et gratuit, ainsi que la simplification du parcours des personnes trans, tant au niveau psycho-socio-médical que juridique. Nous croyons en une approche inclusive du féminisme et de la lutte pour les droits LGBTQIA+, rejetant ainsi tout discours ou acte TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist) qui exclut et marginalise les personnes trans.

Nous défendons l’autonomie corporelle des personnes intersexes et s’opposons aux pratiques médicales à visée « normalisantes », telles que les mutilations génitales, régulièrement infligées sans réel consentement à des corps sains de mineurs.

La lutte contre la grande précarité et la pauvreté des personnes LGBTQIA+ à Marseille est une priorité du Centre, notamment en termes d’accès au logement et aux lieux d’accueil des personnes précaires, sans domicile, migrantes et victimes de violences. 

Nous défendons l’accueil des personnes LGBTQIA+ migrantes qui quittent leur pays d’origine, et pas seulement celles qui le font en raison de leur identité de genre et de leur orientation sexuelle, ainsi que leur obtention du droit d’asile.

Nous défendons l’accès des personnes LGBTQIA+ à un travail rémunéré et s’engage contre les discriminations à l’embauche qui perpétuent leur précarisation. Le Centre défend la libre disposition de son corps, demande la légalisation du travail du sexe et lutte contre la traite des êtres humains.

Le Centre LGBTQIA+ de Marseille agit pour l’évolution des normes esthétiques et vestimentaires liées à la conception traditionnelle du genre, favorisant une plus grande inclusion des personnes LGBTQIA+, non-binaires, genderfluid, trans, que ce soit dans le milieu professionnel, scolaire ou de loisir. En termes de normes physiques, le Centre se positionne aussi en faveur du changement des mentalités par rapport à la grossophobie et la répression des corps gros ou supposés gros. 

Nous défendons l’installation d’espaces sanitaires non genrés dans tous les espaces recevant du public, à commencer par ceux situés dans les écoles, les institutions, les lieux culturels etc.

Le Centre LGBTQIA+ prône l’éducation sexuelle et affective non genrée et inclusive dès le plus jeune âge afin de faire reculer les stéréotypes de genre et discriminations LGBTQIA+. La formation des personnels de l’éducation nationale et l’évolution des programmes scolaires sera donc nécessaire.

Nous demandons la reconnaissance du travail effectué en délégation de service public assurée à ce jour bénévolement par les associations dans la lutte contre les discriminations LGBTQIA+phobes à travers un financement pérenne et à la hauteur des enjeux.

Nous exigeons des actions des institutions contre tout acte LGBTQIA+phobes, qu’ils soient dirigés contre des personnes physiques ou morales (attaques des Centres LGBTQIA+, guet-apens homophobes, agressions…)

Nous demandons des sanctions pour toutes les personnes élues et nommées à des postes de pouvoir qui tiennent des propos LGBTQIA+phobes, racistes, négationnistes, et qui sont accusés d’actes violents, d’agressions sexuelles. Nous rappelons que l’identité de genre et l’orientation sexuelle font partie des critères de discrimination punis par la loi. Ces actes ne doivent pas rester impunis.

Revendications

Travail de revendications collectif de la Pride Marseille

  • L’engagement proactif des institutions territoriales à soutenir les associations locales qui aident les personnes migrant·es LGBTQIA+ à trouver un logement décent.
  • Une politique de santé publique pour la réduction des risques liés aux IST et à l’usage de drogues pour toutes les personnes concernées.
  • La régularisation immédiate, inconditionnelle et sans « enquête de vérification » de toutes les personnes LGBTQIA+ migrantes.
  • Le changement d’état civil complet, immédiat, libre et gratuit sur simple déclaration pour toute personne trans et intersexe étrangère, indépendamment des accords bilatéraux et des lois du pays d’origine.
  • La régularisation immédiate, inconditionnelle et sans « enquête de vérification » de toutes les personnes trans et intersexes migrantes et la reconnaissance et la prise en compte de leur extrême fragilité sociale.
  • L’arrêt des discriminations liées au lieu d’habitation et le rétablissement de l’égalité d’accès aux droits sur le territoire.
  • La reconnaissance des personnes non-binaires dans la constitution.
  • Le respect des droits humains pour les personnes trans et intersexes en milieu carcéral.
  • L’inscription du principe d’auto-détermination du genre dans la Constitution française.
  • La prise en compte de l’identité de genre de toute personne incarcérée lors de son affectation dans un établissement dès lors qu’elle en exprime la volonté, et les fouilles réalisées par des agents du même genre.
  • Le soutien des pouvoirs publics pour la valorisation des archives et de l’histoire des communautés et luttes LGBTQIA+.
  • La valorisation de l’histoire LGBTQIA+ de Marseille dans l’espace public, incluant également les personnes racisées et les personnes porteuses de handicaps.
  • La reconnaissance par les pouvoirs publics des victimes de la déportation et des victimes de guerre à cause de l’identité affective ou de genre.
  • La formation et la sensibilisation des personnels en contact avec les personnes trans et intersexes (santé, éducation, social, état civil, service administratifs, justice, prisons, etc.), en lien avec les associations trans et intersexes.
  • Le financement de la recherche sur les personnes trans et intersexes, en collaboration avec les associations de personnes trans et intersexes.
  • La prise en compte des expériences trans et LGBTQIA+ dans les cours d’éducation à la sexualité.
  • L’intégration des sujets LGBTQIA+ dans les sujets RSE obligatoires légalement.
  • La sensibilisation des équipes RH et managériales sur la diversité dans le monde professionnel.
  • La lutte contre les LGBTQIAphobies à toutes les étapes de la vie professionnelle : recherche d’emploi, évolution de carrière, congés…
  • La reconnaissance des parentalités LGBTQIA+ dans les processus RH.
  • La reconnaissance du statut de pair-aidant comme une compétence de travailleur social à part entière, valant diplôme.
  • L’utilisation du prénom, des pronoms et de la civilité d’usage dans l’identité interne de la structure.
  • La reconnaissance de la non-binarité dans les processus et installations.
  • L’utilisation d’une formulation inclusive dans les formulaires officiels de l’Etat.
  • La possibilité de changer de mention de genre à l’état civil et sur les documents d’identité ou de la supprimer sur simple déclaration, avec possibilité de choisir une mention tierce « X ».
  • Le changement d’état civil complet, immédiat, libre et gratuit sur simple déclaration en mairie.
  • La reconnaissance immédiate et sans condition du droit à l’autodétermination de l’identité de genre dans tous les cadres de la vie d’une personne.
  • L’adoption de dispositions transitoires pour garantir la continuité des droits des personnes trans et/ou intersexes ayant changé de numéro de Sécurité Sociale et pallier les difficultés rencontrées notamment auprès des organismes d’Assurance maladie et de retraite.
  • La reconnaissance de l’identité de genre et des prénoms d’usage dans les écoles, les établissements scolaires et d’enseignement supérieur, même sans l’accord des dépositaires de l’autorité parentale.
  • La prise de conscience et la lutte contre toutes formes de discriminations au sein des communautés LGBTQIA+.
  • L’intégration des personnes racisées et des personnes porteuses de handicaps dans les espaces de visibilités des personnes LGBTQIA+.
  • Le soutien inconditionnel à la création et l’animation d’un centre LGBTQIA+ à Marseille.
  • Des prises de position claires des élu.e.s du territoire contre toutes formes de LGBTQIAphobies.
  • L’engagement des élu.e.s du territoire pour une politique ambitieuse et transversale de lutte contre les LGBTQIAphobies.
  • L’arrêt des subventions et de la mise à disposition de locaux par les institutions locales pour les associations portant un discours LGBTQIAphobe ou luttant contre les droits des personnes LGBTQIA+.
  • La mise à disposition de logements pérennes et d’urgence pour les personnes LGBTQIA+ précaires.
  • Une réforme de la loi sur la filiation qui établit les mêmes droits quelque soit l’identité de genre et la situation familiale, qui respecte l’autodétermination des personnes et est décorrélée de la biologie, sur simple déclaration en mairie, sans obligation d’être marié.e.s, et en se basant sur l’intention parentale.
  • L’ouverture de la PMA à tous-tes quelques soit le genre à l’état civil ou la situation familiale.
  • L’ouverture de la PMA et de la filiation aux coparents, jusqu’à 4 personnes.
  • L’ouverture de la PMA à toutes les personnes le désirant et 100% gratuite.
  • Le retrait du mode de conception dans les documents d’état civil, comme c’est le cas pour les couples hétérosexuels.
  • L’égalité de traitement à l’égard des demandes d’adoptions.
  • L’organisation de campagnes de recrutement de donneurs non-blancs dans les centre de PMA sur tout le territoire.
  • La libre disposition des gamètes préservées, en particulier pour les personnes trans*.
  • La dépénalisation de l’utilisation de gamètes hors du protocole PMA légale.
  • La légalisation du don dirigé et de la méthode ROPA dans le cadre d’une PMA.
  • L’intégration systématique des associations LGBTQIA+ dans l’élaboration des bonnes pratiques médicales pour les centres de PMA et CECOS.
  • L’unification des pratiques autour de l’appariement sur tout le territoire qui donne le choix aux familles.
  • L’accès pour toutes et tous, quelle que soit l’identité de genre et la situation familiale à la procréation médicalement assistée et aux techniques de don et conversation de gamètes.
  • La reconnaissance automatique du second parent en cas de PMA.
  • La transcription des états civils pour les enfants nés à l’étranger par GPA.
  • La libre disposition des gamètes préservées y compris pour une utilisation à l’étranger indépendamment du cadre légal français.
  • L’intégration dans le calendrier parlementaire d’une loi pour une GPA éthique.
  • Une meilleure formation des médecins et gynécologues quant à la santé sexuelle communautaire.
  • Une meilleure formation du personnel de santé quant à nos identités et aux LGBTQIAphobies.
  • La sensibilisation du personnel de santé aux biais liés à l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou encore l’origine supposée dans la prise en charge médicale des personnes LGBTQIA+, comme par exemple le « syndrome méditerranéen ».
  • L’inscription du droit à l’autodétermination et à l’affirmation médicale de genre dans le code de la santé publique.
  • L’éducation à la vie sexuelle et affective au collège et au lycée visant à lutter contre les stéréotypes de genre et inclusive pour les personnes LGBTQIA+.
  • La fin des discriminations territoriales dans la prise en compte de la santé communautaire LGBTQIA+.
  • L’ouverture de la gratuité de la contraception à toutes les personnes.
  • Une politique de santé publique pour la réduction des risques liés aux IST et à l’usage de drogues pour toutes les personnes concernées.
  • Un accès aux soins et au suivi médical soit possible pour toutes et tous, sans distinction du statut sérologique, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, de l’origine réelle ou supposée, du territoire ou encore de la profession.
  • Un accès inconditionnel et facilité pour toutes et tous aux mesures de réduction des risques, aux moyens de protection, de contraception et de dépistage.
  • L’arrêt immédiat des mutilations, des « traitements » hormonaux non consentis, des examens invasifs non consentis, des pratiques psychiatriques imposées sur les enfants et adolescent-e-s intersexes.
  • L’autodétermination des personnes intersexes, et notamment le respect de leurs choix en termes de modifications corporelles ou non.
  • La suppression de la caractérisation de l’intersexuation comme “troubles du développement sexuel” dans la classification internationales des maladies et leur déclinaison dans les textes réglementaires en France.
  • La fin des discriminations territoriales dans les remboursements de Sécurité sociale liés à l’affirmation de genre.
  • La suppression de « l’incongruence de genre dans l’enfance » ou « dysphorie de genre » dans la classification internationales des maladies et leur déclinaison dans les textes réglementaires en France.
  • Le libre choix des actes médicaux entrepris dans le cadre de démarches médicales d’affirmation de genre, sur la base du consentement éclairé, avec le remboursement intégral en France et à l’étranger.
  • La formation initiale et continue des médecins et chirurgiens français pour un suivi médical de qualité, respectueux et dépsychiatrisé, en lien avec les associations trans et intersexes.
  • La protection légale des professionnel·e·s de santé effectuant des actes médicaux dans le cadre d’une transition de genre.
  • La pleine reconnaissance des personnes trans comme population bénéficiaire des hormonothérapies par l’ensemble de secteur médical, pharmaceutique et de la sécurité sociale, en particulier sur les demandes d’AMM.
  • L’accès sur la base du consentement éclairé aux traitements hormonaux et/ou bloquant la puberté, comme aux autres traitements ou opérations, et l’accès au changement d’état civil pour les enfants et adolescent-es.
  • L’intégration explicite des actes médicaux dans le cadre d’une transition de genre dans les critères d’éligibilité aux visa pour raisons médicales.
  • La prise en compte des actes médicaux dans le cadre d’une transition de genre comme soins de première nécessité dans le cadre de l’AME.
  • L’accès pour toute personne incarcérée à un accompagnement spécifique (hormones, chirurgies…) quel que soit son état civil.
  • La suppression des tests d’identification sexuelle pour les compétitions et structures sportives, et l’arrêt des pressions médicales exercées sur les sportifs et sportives trans et/ou intersexes.
  • L’établissement de nouvelles recommandations par la HAS, dépsychiatrisées conformément aux recommandations internationales, et respectueuses de l’autodétermination des personnes trans et de la singularité de leurs parcours.
  • La dépathologisation totale et dépsychiatrisation totale des parcours de soins des personnes trans et la lutte contre les violences médicales en cadre hospitalier comme libéral.
  • Inscrire le droit à l’autonomie dans la loi.
  • L’abrogation de l’interdiction d’achat d’acte sexuel de la loi du 13 avril 2016.
  • La mise en place d’une politique sociale et de protection des travailleurs et travailleuses du sexe.
  • La décriminalisation complète du travail sexuel (arrêtés municipaux, pénalisation clients, parties tierces et entraide entre TDS)
  • L’accès au droit commun pour les personnes travailleuses du sexe, y compris les personnes trans & intersexe.
  • Le soutien des pouvoirs publics à la lutte contre l’isolement.
  • La prise en compte de la volonté des personnes LGBTQIA+ lorsqu’elles vieillissent.
  • La prise en compte de la vie sexuelle des seniors LGBTQIA+.
  • La prise en compte des spécificités LGBTQIA+ pour les EHPAD et résidences spécialisées.
  • Le respect des choix des seniors concernant leur fin de vie.
  • La refonte du système de tutelle et curatelle.
  • Travailler à l’émancipation et à l’égalité des droits pour les minorités de genre et d’identité affective en luttant contre l’invisibilisation de nos identités et la négation de nos avis sur nos droits et nos besoins.
  • L’intégration systématique des associations LGBTQIA+ dans l’élaboration des lois qui régissent nos identités et nos droits.
  • Lutte contre la hausse de discours fascistes, racistes, lesbophobes, homophobes, biphobes, sexistes, transphobes, putophobes et autoritaires.
  • Enseignement à l’école de l’histoire et la culture LGBTQIA+.
  • Mettre en avant également la construction européenne de la binarité des genres et de la norme hétérosexuelle qui s’est étendue à l’échelle mondiale suite aux nombreuses colonisations.
  • Encourager et accompagner les sujets de recherche, d’études et projets d’enseignement concernant notre santé, nos identités et nos familles.
  • La visibilisation des personnes, cultures et communautés non-binaires.
  • Le financement de campagnes de sensibilisation, en collaboration avec les associations trans et intersexes, pour lutter contre la transphobie et l’intersexophobie.
  • La reconnaissance des associations trans et intersexes représentatives comme interlocuteurs privilégiés dans la défense des personnes trans et intersexes et de leurs intérêts.

COMMUNIQUÉS DE PRESSE

jeu 02 mai 2024
Augmentation des violences LGBTphobes : lettre ouverte à Gabriel Attal

Face aux nombreuses agressions LGBTphobes déjà recensées en France depuis le début de l’année 2024, 57 associations adressent ce courrier au Premier ministre, Gabriel Attal, pour l’appeler à « faire preuve de courage politique » contre la résurgence de la haine anti-LGBT.

Lettre ouverte au Premier ministre, M. Gabriel Attal, sur l’augmentation des violences LGBTphobes en France depuis le début de l’année 2024

Monsieur le Premier ministre,

Nous, représentant·es associatif·ves, élu·es et militant·es, vous adressons cette lettre ouverte en réaction aux dernières agressions homophobes en recrudescence dans toute la France, et ce depuis le début de l’année.

En 2024, onze ans après le vote de la loi dite du mariage pour tous, l’homophobie et la haine anti LGBTQIA+ sont toujours présentes et font rage dans l’espace public, et ce, dans un silence institutionnel assourdissant.

Insultes banalisées dans la rue et jusque dans les cours d’école, chants homophobes dans les stades, agressions physiques et verbales violentes, guet-apens, tags homophobes sur nos lieux de vie et dégradation de nos locaux associatifs – rappelons l’attentat à la bouteille explosive dans le Centre LGBTQI+ de Tours en 2023 ; la violence envers les personnes, les associations et tout simplement les symboles LGBTQIA+ prend de multiples formes. Ces violences sont en constante augmentation tant en nombre qu’en intensité, sans que la police ou la justice ne s’alarment ou ne se mobilisent face à cet inquiétant phénomène accru.

Depuis maintenant deux ans, cette vague de haine progresse sans rencontrer de véritable opposition de la part des pouvoirs publics, pourtant garants de notre sécurité, tout comme de la sécurité de tout citoyen ou citoyenne français.

Il est grand temps que cette inaction et ce silence complice cessent et que votre gouvernement prenne enfin pleinement ses responsabilités. Nous avons le droit de vivre dans l’espace public en sécurité, librement et sereinement, sans avoir peur. Nous avons les mêmes droits que le reste de la population. Nous ne pouvons tolérer la menace et les intimidations de la part d’une frange marginale de plus en plus hostile et véhémente.

Nous entrons dans une période de célébration et de lutte importante pour les personnes LGBTQIA+, et pour toute la société, notamment avec la journée internationale de luttes contre les LGBTIphobies du 17 mai prochain, le mois des Fiertés qui débutera dès juin ainsi que les nombreuses marches de fiertés partout en France.

Il est hors de question que ces temps forts de nos luttes soient compromis, pas plus qu’ils ne soient instrumentalisés pour donner l’illusion d’une action publique forte en faveur de la lutte contre les LGBTphobies, nous y serons particulièrement vigilants. Nous attendons de votre part de réelles actions pour contrer la violence qui se diffuse et permettre que nos marches revendicatives, célébrations et commémorations se déroulent sereinement.

Aussi, dans moins de 100 jours, le monde entier sera réuni à Paris, en Île-de-France et partout en France, pour les Jeux Olympiques et Paralympiques. Il ne tient qu’à vous de décider de l’image que vous souhaitez offrir au monde. Celle d’un État de droit, attaché aux droits humains et aux libertés fondamentales et qui a fait de la lutte contre toutes les discriminations un véritable pilier de son action, ou celle d’un État qui laisse s’installer silencieusement une violence décomplexée contre l’ensemble des personnes LGBTQIA+. Nous sommes sûr·es que ce n’est pas l’image du pays des droits humains et des libertés fondamentales que vous défendez.

Ainsi, nous réclamons sans attente :

– Une condamnation systématique et sans équivoque de toutes les formes de violence, de haine et d’agression à l’encontre des personnes, des associations et symboles LGBTQIA+, au plus haut niveau de l’État, sans que nous ayons besoin de faire pression pour espérer une réaction institutionnelle.

– Une analyse quantitative et qualitative du précédent Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ (2020-2023) afin d’en tirer des enseignements concrets, en complément du rapport d’évaluation réalisé par la CNCDH.

– Une mise en route effective du Plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti LGBT+ (2023-2026), avec des moyens accrus et pérennes, avec un pilotage réunissant les associations LGBTQIA+ initialement auditées lors de son élaboration. À cette date, nous attendons toujours la première réunion suite aux premières annonces, de 2023…

– Une réelle prise en compte de nos rôles, expertises et revendications, en commençant par une rencontre systématique avec les associations LGBTQI+. À date, et ce malgré nos demandes, nombres d’associations, dont l’Inter-LGBT, ne se sont vu proposer de rencontre avec le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et la Lutte contre les discriminations, et ses structures afférentes, alors qu’un remaniement a eu lieu le 11 janvier dernier.

Aussi au regard de l’actualité, nous réclamons la mise en pratique effective des mesures du plan actuel suivantes :

Renforcer la formation initiale et continue des policiers et gendarmes aux enjeux d’inclusion et de lutte contre les actes LGBTphobes, avec notamment la mise en place de sessions de formation et de sensibilisation annuelles dans tous les commissariats et gendarmeries afin d’assurer la prise en compte effective de nos plaintes et un réel accompagnement des victimes, qui se voient encore trop souvent mises en doute et décrédibilisées lors du dépôt de leur plainte.

Identifier et répertorier les lieux et les actes d’agression LGBTphobes pour y renforcer la protection des personnes et des biens, avec notamment un suivi chiffré et mis à jour, le tout accessible, et adossé à un comité de suivi mensuel en partenariat avec les associations LGBTQI+ afin d’y apporter nos expertises et proposer des solutions réalistes et réalisables. Nos associations ne peuvent se substituer au travail des institutions en matière d’identification et de répertoire. Nous pouvons vous y aider, pas vous remplacer.

Responsabiliser et accompagner les territoires sous le pilotage des préfets et des procureurs de la République, en réunissant réellement dans tous les territoires tous les CORAH et en dédiant autant que cela s’impose, des groupes de travail spécifiques aux questions LGBTQIA+, au contrôle et à la mise en œuvre du plan LGBT+ ainsi qu’au suivi des agressions et des lieux d’agression et aux mesures de prévention et de luttes contre la haine anti-LGBT+ qui en découlent.

Enfin, au vue du contexte particulièrement transphobes, des deux propositions de lois au Sénat et à l’Assemblée nationale contre le droit des mineurs et personnes trans, nous réclamons qu’un plan spécifique sur les questions trans et contre la transphobie, grandes absentes du plan LGBT+ 2023-2026, soit travaillé en réunissant les associations LGBTQI+ concernées.

Monsieur le Premier Ministre, nous sommes en intimement convaincu·es : faire en sorte que la haine LGBTphobe ne soit plus une réalité dans notre pays et ce, dès 2024, n’est pas faire preuve de prosélytisme, mais c’est avant tout répondre de sa responsabilité gouvernementale et faire preuve de courage politique.

Nous restons naturellement disponibles pour vous aider à réaliser cette tâche immense qui vous incombe.

Nous nous sentons aujourd’hui encore bien seul·es face à un retour décomplexé de forces et de voix réactionnaires. Agissons ensemble. La liste des victimes de la haine LGBTQIAphobe s’allonge à un rythme alarmant sans déclencher de réaction à la hauteur. Ne laissez pas nos noms agrandir une liste de mort·es et de victimes de la haine LGBTphobe, que nous nous sentons à l’heure actuelle bien seul·es à pleurer.

Vous avez toutes les cartes en mains, Monsieur le Premier ministre, pour décider que l’ensemble de votre gouvernement soit enfin pleinement investi à nos côtés.

 

LISTE DES 57 ASSOCIATIONS SIGNATAIRES :
Inter-LGBT, Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans
SOS homophobie
ACT UP-PARIS
AIDES
ARDHIS
Sidaction
Fédération LGBTI+
UNEF
Association OUTrans
le RAVAD (réseau d’assistance aux victimes d’agressions et de discriminations)
STOP homophobie
Centre LGBTI du Poitou
Nosig, centre LGBTQIA+ de Nantes
Centre LGBTQIA+ Marseille
exaequo, centre LGBTI+ de Reims
Les ami.es du Patchwork des Noms
Association Sportive Motocycliste de France
Arc Essentiel
HES LGBTI+
SNEG & CO
Les ecologistes LGBTQIA+
Les écologistes-EELV
Shams-France
Génération·s
Montpellier Kinkster
D&J Arc-en-ciel
Arc.en.correze
ENIPSE
Association PASTT
Les Concerts gais
FSU
Focus-IST
Tribagofrance
Centre LGBTI de Touraine
Les ActupienNEs
Gestuelles 29
Alertes 12
Sajmah
Association des Parents et futurs parents gays et lesbiens – APGL
NEFLA – network of European LGBTIQ* Families Associations
Entre2basket
Mobilisnoo
MAG Jeunes LGBT+
Action Justice Climat Paris
Equivox
Homoboulot
ADHEOS
Union étudiante
Pride Marseille
Les Sœurs de la perpétuelle indulgence – Couvent de Paris
LES AUDACIEUX dite les Audacieuses et les Audacieux Fier.es et queer
Contact France
La Boucle
Les Cannelions
Fep-CFDT
FSGL

Lettre publiée par Têtu le 02 mai 2024

mar 26 décembre 2023
Communiqué : contre la loi « Asile et immigration », luttons !

Le Centre LGBTQIA+ de Marseille dénonce et condamne la loi raciste « asile immigration » votée par la droite avec les voix de l’extrême-droite. Une loi xénophobe à l’initiative du gouvernement dont même la première ministre reconnaît son caractère anticonstitutionnel. Une loi sécuritariste, adoptée quelque jours après le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui dispose entre autres que devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. 

Au-delà de l’agitation du débat public sur ces thèmes obéissant à des stratégies politiciennes cyniques, celle-ci augmente la discrimination et met en danger des centaines de milliers de personnes ayant cherché refuge en France ; ainsi que celles, trop souvent oubliées, dont la vie est menacée dans leur pays d’origine et celles qui meurent sur les routes de l’exil. 

À Marseille en particulier, les personnes LGBTQIA+ fuyant leur pays en raison de l’homophobie, de la transphobie et d’autres formes des LGBTQIA-phobies sont très nombreuses. La nouvelle loi asile et immigration rendra leur vie toujours plus précaire et difficile. 

Cette loi qui vise à accélérer davantage les délais de procédure de demande d’asile au détriment de la qualité de l’instruction – qui met encore plus en avant une politique de chiffres, à la place d’une vraie politique d’accueil – augmentera sans doute le nombre des débouté.e.s du droit d’asile. Ce sont ces débouté.e.s auxquel.le.s la nouvelle loi retirera le droit de se soigner, en mettant fin à leur prise en charge par la sécurité sociale. Avant même que la future réforme de l’AME soit débattue (ce qui est prévu l’année prochaine), la nouvelle loi déjà met en danger la santé des exilé.e.s, la santé de notre communauté, la santé publique tout court. Trente ans après l’hécatombe dans la communauté LGBTQIA+ due au VIH/SIDA et à l’inaction des pouvoirs publics, que deviendront les personnes malades ayant besoin de soins et de traitement ? 

Aux côtés des associations marseillaises qui les accompagnent, nous continuerons de nous mobiliser pour les accueillir et les soutenir. 

Le Centre LGBTQIA+ de Marseille appelle toutes les personnes révoltées par le glissement xénophobe de la politique française à s’engager contre le racisme et pour la solidarité avec toutes les personnes exilées, en France comme ailleurs. L’extrême-droite revendique une « victoire idéologique », ensemble luttons et donnons leur tort ! 

Solidarité avec toutes les personnes exilées et contre toutes les formes de racisme.